Champs apprivoisés

Cette virilité vit là sur sa demeure.

Domestiqués et vifs, ses animaux seront

Sa seule viande restée dans son giron.

Ici, ça semble mal avant qu’elle ne meure.

La musique était son unique compagne.

Sa mélodie faisait sa totale gaité.

Sa sonorité simple, ses pensées agitées

Depuis, elle n’y est plus, elle a fui la campagne

Voir ses prés, ses cieux bleus et ses soleils sublimes

Le maintiendra dehors, au-delà de l’Abime,

Le fera fuir le noir et chaque étrangeté.

Il sera jusqu’au bout juste, calme et honnête.

Là, sa poignée franche et sa peau d’une odeur nette

Lui rappelleront tous les moments qu’il jubila.

Rumeur auditive

Ce bruit est une onde, je m’en souviens la nuit.

Cet affreux, effrayant et apocalyptique

Effort que je faisais pour m’en sentir instruit

Est inutile, il n’est pas si problématique.

La vie m’est fuie quand je l’ai écouté le jour.

La vie m’est apparue après, je m’en rappelle.

La vie me l’a fait perdre. Enfin, c’est par amour

Que nous nous sommes à nouveau mis en selle.

Est-ce ainsi qu’il susurre ? Est-ce sa mélodie ?

Est-ce sa vraie nature ? Est-ce sa rhétorique,

Son seul talent inné et sa poudre étatique ?

Qu’au loin vers l’océan, je me noie au-dedans.

Que brûlé au plus vif, je sois incandescent.

Que sa valeur ôtée, il soit sourd aux mimiques.

L’épervier volant

nuage

Le sentiment grave, puissant et arrogant
D’un épervier volant dans l’air vaste du ciel
Se perd dans un rayonnement exponentiel,
Brisé, cependant, par des nuages voguant.

Dans l’espace infini le séparant du sol,
Aussi volumineux que peut voir le Vertige,
Seules quelques feuilles dans l’air en bas se figent
Et leurs tourbillons y vivent, souffrent, désolent.

Une tige seulement sur cette pleine plaine,
Celle d’un grand chêne, mais dont les fortes veines
S’enlacent jusqu’aux hautes branches couleur marron.

Alors, pressurisée, vastes et atténués,
Les regards de l’animal vomissent une nuée
D’éclairs enchaînés à la destinée d’un faon.