Si doux, ce délicat philtre éthéré d’ivresse
Des chaines de mon cœur, de passion délivresse,
Je ne suis que le pâle reflet de ta beauté
Sur ce monde, mais diable sur mon être sa cruauté !

L’humanité aura donc le droit de s’éteindre
Le seul jour où d’amour tu ne pourras m’atteindre
Une injustice, mon sentiment venant de toi.
Il me faudrait toujours crier mon désarroi ?

Pourtant l’histoire se répète, et sans cesse.
Serait-ce pas qu’une suite de maladresse ?
N’est-ce le craquement d’une âme désarmée ?

Notre royaume humain regorge de choses
Qu’autrefois nous croyons à peine mi-écloses
Mais qui des tréfonds des temps nous avaient charmées.

Un rire scintillant, des yeux écarquillés
Dans une mélodie chantée bien que rêvée
Et un éclat de voix dans un moment splendide.
La joie commande de se tenir intrépide

Elle peut être soufflée ainsi qu’une bougie
Mais aujourd’hui, cette jeunesse, elle en rougit,
Cette promesse éthérée, ce bonheur accessible,
Ce début éclairé, cette fin inaudible.

La quadrature est-elle si belle, si frêle
Que l’étincelle d’un éclair accidentel
Mais retenu depuis l’aube de nos destins.

Neptune en ces tempêtes arrêtera peut-être
Ce qui de nos chéries existences fait l’être,
Ce voyage en nous d’un Cupidon clandestin.

Je t’aime comme la goutte d’eau disparue,
Comme la seule flamme alors tombée des nues,
Comme la fleur qui a toujours sonné en moi,
Comme la clairière parsemée tout de toi.

Jamais je n’aurai le manque et la plénitude
De ta propriété, de toi qu’inquiétudes
Sans répit, étude à longueurs de journées,
Compression réprimée d’un rapide amour-née.

Et que reste-il de ce désert sentimental,
Empreint d’un parfum si fortement abyssal,
Candide et viscéral à longueur de souhait ?

Le pouls de l’âme bat à son haut paroxysme.
Dans le cœur, les mêmes dégâts que par un séisme.
Je prie alors Hadès pour un Léthé en paix.