Confinement

Depuis que le beau ciel bleu est figé ainsi,
De l’eau a coulé sous les ponts, imperceptible,
Insondable et aveugle. Le chemin de fer si
Usité il y a un temps n’a plus de cible.

Un peu plus loin se dresse une forêt et si,
Un jour, et la faune et la flore étaient audibles,
Elles ne le sont plus. Les arbres sont assis
Dans un sommeil de plus en plus inaccessible.

Il paraît que des fois des ombres se faufilent
Que des regards les filent, via des réseaux, sans fil,
On ne le saura pas au cours de cette nuit.

Ce dont nous sommes sûrs, c’est que, même sans bruit,
Le feu dans la discrète cheminée crépite,
Qu’avec joie les bulles de champagne palpitent.

Issy-les-Moulineaux, le 8 avril 2020

Cinq années

Là, le chant d’une pluie d »étincelle crépite

Puis s’évapore en cette gracieuse et prédite

Journée, désirée et de tant d’amour enfin

L’embouchure vers un océan de joies sans fin.

Clinquante de desseins, la route donc nouvelle

Bien qu’avec le même train, nous menant vers telles

De ces villes belles, de Vénus, d’Apollon

Construites, dans le seul air de notre passion.

C’est que dans ta longue chevelure chérie,

Je tends à m’installer, comme dans la prairie

La maison du berger sous un ciel étoilé.

Alors solidifiant les murs de l’édifice,

Qu’avec toi je sens aux jours de bonheur propice,

Je suivrai ce chemin rempli d’éternité.

De la pérennité sentimentale

Comme la rivière, tortillant son tracé
Dans des bois du bas des vallons ensoleillés,
Comme des yeux usés de vraie littérature
Et laissant tomber des larmes tels des ratures,
Comme une gorge usée de vieux spiritueux
Comme ce mur du sud français vêtu de mousse,
Tel ce fumeur de bons cigares cubains et
Dont la fumée sèche habille son gosier,
Tel ce musicien à l’oreille si parfaite,
Tel ce joueur ayant appris dans la défaite,
Calibrant depuis son génie dans la mesure,
Mon cœur t’aime dans des veines dures et sûres
                        Tel un vin au goût pur,
                        Tel un ciel plein d’azur.

Bastien BRION, le 30 avril 2016