Cinq années

Là, le chant d’une pluie d »étincelle crépite

Puis s’évapore en cette gracieuse et prédite

Journée, désirée et de tant d’amour enfin

L’embouchure vers un océan de joies sans fin.

Clinquante de desseins, la route donc nouvelle

Bien qu’avec le même train, nous menant vers telles

De ces villes belles, de Vénus, d’Apollon

Construites, dans le seul air de notre passion.

C’est que dans ta longue chevelure chérie,

Je tends à m’installer, comme dans la prairie

La maison du berger sous un ciel étoilé.

Alors solidifiant les murs de l’édifice,

Qu’avec toi je sens aux jours de bonheur propice,

Je suivrai ce chemin rempli d’éternité.

De la pérennité sentimentale

Comme la rivière, tortillant son tracé
Dans des bois du bas des vallons ensoleillés,
Comme des yeux usés de vraie littérature
Et laissant tomber des larmes tels des ratures,
Comme une gorge usée de vieux spiritueux
Comme ce mur du sud français vêtu de mousse,
Tel ce fumeur de bons cigares cubains et
Dont la fumée sèche habille son gosier,
Tel ce musicien à l’oreille si parfaite,
Tel ce joueur ayant appris dans la défaite,
Calibrant depuis son génie dans la mesure,
Mon cœur t’aime dans des veines dures et sûres
                        Tel un vin au goût pur,
                        Tel un ciel plein d’azur.

Bastien BRION, le 30 avril 2016

L’épervier volant

nuage

Le sentiment grave, puissant et arrogant
D’un épervier volant dans l’air vaste du ciel
Se perd dans un rayonnement exponentiel,
Brisé, cependant, par des nuages voguant.

Dans l’espace infini le séparant du sol,
Aussi volumineux que peut voir le Vertige,
Seules quelques feuilles dans l’air en bas se figent
Et leurs tourbillons y vivent, souffrent, désolent.

Une tige seulement sur cette pleine plaine,
Celle d’un grand chêne, mais dont les fortes veines
S’enlacent jusqu’aux hautes branches couleur marron.

Alors, pressurisée, vastes et atténués,
Les regards de l’animal vomissent une nuée
D’éclairs enchaînés à la destinée d’un faon.